vendredi 14 octobre 2011

Débit des cours d’eau et vie aquatique intrinsèquement liés



27-09-2011

Débit des cours d’eau et vie aquatique intrinsèquement liés


Rejets de polluants, surpêche, voies navigables, barrages hydrauliques, irrigation etc. , les activités humaines ont un lourd impact sur les milieux aquatiques et la biodiversité qu’ils abritent. Depuis les années 2000, dans le cadre de la Directive cadre européenne sur l’eau, de nombreux efforts de recherche se sont portés sur l’évolution des écosystèmes aquatiques (cours d’eau, lacs, estuaires) sous la pression anthropique et climatique. La modification des débits, l’altération et la fragmentation de l’habitat, dues notamment à des ouvrages infranchissables, ou encore la mauvaise qualité de l’eau sont symptomatiques de cette évolution.

L’installation d’une retenue d’eau ou d’une dérivation, les prélèvements d’eau pour divers usages peuvent fortement modifier le débit des rivières. Or, le débit conditionne l’habitat des organismes aquatiques. A l’heure actuelle, un cadre réglementaire fixe des seuils de débit considérés comme compatibles avec la vie aquatique. A Lyon, le Cemagref (1) a développé le logiciel de modélisation Estimhab, apportant un éclairage scientifique dans le choix de débits minimaux nécessaires à la vie aquatique. Un second outil, la plate-forme de données et de modèles Estimkart, permet de simuler les impacts écologiques de modifications de débit sur les bassins français. Ces nouveaux outils technologiques servent désormais de guides lors d’études d’impact, d’opérations de restauration et de plans de gestion des cours d’eau.  

Parallèlement, une équipe mixte de recherche EDF / Cemagref, baptisée HYNES, a été créée afin d’étudier le fonctionnement aquatique, et analyser ses interactions avec des ouvrages tels que les centrales hydroélectriques. L’enjeu affiché est de « trouver le meilleur compromis entre exploitation économique et bon fonctionnement des cours d’eau ». A cette fin, l’Onema (2) a mis en place des suivis des écosystèmes aquatiques à long terme sur l’ensemble des cours d’eau. A l’heure actuelle, on recense plus de 1600 points d’échantillonnage répartis en France.    
Cécile Cassier

1- Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement.
2- Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques.